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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 09:12
lombrives
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Les grottes de Lombrives nous informent régulièrement de leurs événements

Visites (en petit train) et randonnées de 1 à 7 heures selon les projets:

Visites : http://www.grotte-lombrives.fr/Grand_public/Bienvenue_Decouvertes_GP.html Randonnées : http://grotte-lombrives.fr/Grand_public/Bienvenue_Randonnees_GP.html

Spectacles : Hallowen arbres de Noël, concert…

Articles : les glaciations du Quaternaire

Le quaternaire a connu une vingtaine de glaciations successives. Chaque glaciation a la particularité d’altérer les traces des glaciations antérieures ce qui fait que seule la dernière glaciation est la mieux connue. Quelles sont les traces ou témoignages de ces glaciations ? Les glaciations ont raboté nos vallées, sont à l’origine de nombreux méplats bien visibles aujourd’hui, ont charrié des matériaux parfois volumineux que l’on voit dans maints endroits du karst, ont laissé parfois des traces de boues glaciaires et de sédiments soit au sol (ce sont les argiles sur lesquelles nous marchons) soit sous formes de traces de planchers anciens (Carène, Grand cimetière, galerie des Grands gours, Galerie derrière la Vierge...). Le climat dans l’hémisphère nord a commencé à se refroidir il y a environ 3 millions d’années lors de la formation de la calotte glaciaire Arctique. Plusieurs cycles climatiques se sont succédés alternant périodes glaciaires et interglaciaires. Lors de la dernière phase de refroidissement entre 110 000 et 15 000 ans (Würm), la calotte arctique est descendue jusqu’au nord des Pays-Bas. Pendant cette période, des glaciers de montagne se sont développés dans les Alpes, mais aussi jusque dans les Pyrénées, pourtant très au Sud. Dans les Pyrénées, les glaciers ont probablement mis plusieurs milliers d’années pour atteindre leur extension maximale. Celle-ci est marquée par les moraines les plus externes que différentes méthodes de datation situent entre 40 000 et 70 000 ans. Les glaces étaient collectées dans les cirques de haute montagne, entre le pic des Trois Comtes à la limite du Couserans et le Roc Blanc à la limite du bassin de l’Aude, puis elles se rassemblaient pour donner naissance à trois fleuves de glace : ceux du Vicdessos, de l’Aston et de l’Ariège. Un peu avant Tarascon, le glacier de l’Ariège se déversait par le col d’Arbiech sur celui du Vicdessos qui lui-même remontait sur le plateau de Génat. Une véritable mer de glace, de plus de 500 mètres d’épaisseur, occupait la cuvette de Tarascon et ne laissait dépasser que l’extrême pointe du Cap de la Lesse au dessus de 1050 mètres d’altitude. Le glacier s’étendait jusqu'à Saurat pour rejoindre les glaciers descendant du massif des Trois Seigneurs. En aval de Tarascon, une langue glaciaire unique s’avançait au-delà de Foix jusqu’à 350 mètres d’altitude. Le glacier de l’Ariège, avec ses 52 kilomètres de long et un bassin versant de 705 km2 était le second glacier des Pyrénées après celui du gave de Pau. Les vallées de l’Ariège et du Vicdessos ont conservé des morphologies glaciaires observables dans le paysage: vallée en auge au niveau de Sinsat, verrous glaciaires, bosses rocheuses entre Amplaing et Arignac. Lors de sa phase d’extension puis de son retrait le glacier a aussi laissé des blocs erratiques et des moraines. Les blocs erratiques sont présents sur les flancs de la vallée jusqu’à plus de 1000 mètres d’altitude. Le Palet de Sanson à Sem est un représentant de ce type de bloc, transporté par le glacier depuis la haute chaîne et abandonné lors de la fonte du glacier. Au col de Larcat, il existe encore des moraines latérales qui montrent que la totalité de la vallée a été remplie par la glace. Entre Garrabet et le lieu-dit de la Bernière sur l’ancienne route d’Arignac ce sont des moraines de retrait qui coupent le paysage. Au moment de leur formation, la fonte du glacier devait être bien avancée et il ne devait subsister qu’une langue glaciaire limitée au fond de la vallée. La glace n’a jamais pénétré très profondément sous terre. Ce sont les eaux de fonte du glacier qui sont responsables de la réactivation des réseaux karstiques et de leur décolmatage. Les vagues d’érosion sur les parois témoignent de la puissance des torrents qui ont parcouru les galeries. Durant des épisodes de fonte particulièrement intense la totalité des réseaux devait être noyée. Au début des années 1980 (Thèse Patrick Sorriaux), la datation absolue par la méthode U-Th des planchers stalagmitiques intercalés dans les dépôts alluviaux a permis de situer la réactivation du réseau entre 90 000 et 20 000 ans et de dater indirectement du Würm la phase d’extension maximale du glacier. Aujourd’hui, avec les nouvelles données sur l’âge des moraines externes (Thèse Magali Delmas), la fourchette se resserre pour situer cette réactivation au début de la déglaciation vers 40 000 ans avant que le glacier ne recouvre plus le massif du Cap de la Lesse et entame son recul. Les sables glaciaires sont omniprésents dans le réseau et les grottes de la région. Ils sont souvent associés à des galets de roches cristallines et sont les équivalents des moraines de surface. L’érosion souterraine a aussi dégagé des dépôts plus anciens témoins d’une histoire géologique dont presque toutes les traces ont disparu de la surface, détruites par la dernière glaciation. Il s’agit de dépôts alluviaux très cimentés plus vieux que 130 000 ans peut-être associés à plusieurs stades glaciaires anté-Würm, de vieux planchers stalagmitiques correspondant à une longue période d’assèchement antérieure à 250 000 ans et d’argilites rouges encore plus anciennes. Suite au travail pionnier de Patrick Sorriaux sur le réseau de Niaux-Lombrives-Sabart en 1982, un programme de recherche de haut niveau avec des méthodes de datations modernes (datation par les nucléides cosmogéniques des systèmes karstiques étagés) a été lancé en 2012 avec un ré échantillonnage des dépôts les plus anciens conservés dans les galeries de Lombrives et de Niaux. Les premiers résultats (fin 2013) sont très encourageants et les sédiments alluviaux les plus anciens viennent de livrer deux âges pliocènes (3 millions d’années) qui confirment la grande ancienneté de ce système karstique. Le recul et la disparition des glaciers ont été relativement rapides et probablement plus précoces que dans les Alpes à cause de la position plus méridionale des Pyrénées. Il faut aller chercher les traces de cette disparition dans les tourbières d’altitude. Dans celle de Freychinède, au-dessus de Suc à 1450 mètres d’altitude, des sédiments lacustres montrent qu’il y a 21 000 ans il n’y avait plus de glace descendant du massif des Trois Seigneurs. A la même époque, le glacier du Vicdessos devait donc être très réduit et ses eaux de fonte ne pénétraient plus dans la grotte de Niaux. Le glacier de l’Ariège, lui aussi en phase de recul n’atteignait probablement plus Tarascon. En disparaissant définitivement le glacier a libéré l’accès aux vallées de l’Ariège et du Vicdessos. L’homme préhistorique jusque là cantonné au piedmont des Pyrénées les a remontées et s’est installé dans les porches et abris sous roche autour de Tarascon. Un radoucissement majeur intervint il y a 10 000 ans. Il marqua le début de la période interglaciaire actuelle (Holocène). De nos jours, il y a encore quelques glaciers dans les Pyrénées mais ils se cantonnent aux plus hauts sommets de la partie centrale de la chaîne sur le Balaïtous, le Vignemale ou encore l’Aneto. En Ariège nous avons le minuscule glacier de l’Arcouzan au sommet du mont Vallier (Couseran)... Ce sont les derniers jalons de la grande glaciation du Würm mais les conditions climatiques ne sont plus favorables pour leur conservation et si l’évolution des dernières années se poursuit, ils pourraient disparaître dans les prochaines décennies. Les divers témoignages de la dernière glaciation Depuis le porche Raoul Perpère : • Bloc erratique dans le diverticule à gauche dans le porche • Petit chaos dans la Galerie Blanche. Trois explications peuvent être données sur sa formation : o Un cyclope serait venu dans la grotte aurait pris dans sa main droite 3 palets de granit et les aurait lancés contre la voûte qui se serait alors effondrée (explication qui fut donnée lors de la venue de la famille Bonaparte). o Le torrent sous glaciaire a véhiculé de l’acide carbonique qui agissant chimiquement sur la voûte qui se serait effondrée. o Lors de la fin de la glaciation, un phénomène de décompression s’est produit et la voûte se serait effondrée. Ces trois explications prennent en compte le fait les blocs erratiques de gneiss sont pris dans les sédiments argiles et sont recouverts des blocs de calcaire effondré. • Quelques planchers stalagmitiques anciens recouverts de calcite dans la salle des 1000 Colonnes • Concrétions cassées dans la salle des 1000 stalactites • Argilites litées accrochées aux parois des galeries • Blocs de gneiss partiellement enfouis dans les sédiments au sol de la Cathédrale. Par où sont ils arrivés dans cette salle ? 4 hypothèses o En ayant été charriés depuis le porche Raoul Perpère o En tombant du niveau 4 du karst o Par les 2 entrées latérales à la grande salle, entrées aujourd’hui colmatées o En tombant de la galerie perpendiculaire à cette salle qui débouche sur son sommet. • Blocs de gneiss dans les escaliers et la galerie des Etroits • Blocs de gneiss dans le grand cimetière • Blocs de gneiss entre le Lac Porte Bonheur et la Galerie du Lion. • Nombreux planchers stalagmitiques anciens entre le lac Porte Bonheur et la Vierge. • Complexe de la calcite (dépôts rouge) au départ de la galerie du Lion • Concrétions brisées dans les marbres de la galerie du Lion Ces témoignages sont la traduction visuelle des différentes circulations des eaux du torrent sous glaciaire. On pense aujourd’hui que 5 sens de circulations des eaux ont existés entre LOMBRIVES et Niaux lors de la dernière glaciation

Lien et sources : www.grotte-lombrives.fr et Grotte.lombrives@laposte.ne

M.Bonnot

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Published by B Bonnot webmaster apbg Rennes
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