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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 15:48

A.N.A.E. N° 131

Novembre 2014

La dysphasie chez l’enfant

Dossier coordonné par Christelle Maillart (Université de Liège)

Voir la présentation ci-dessous ou ci-jointe

Ce dossier est consacré aux troubles sévères de développement du langage souvent appelés troubles spécifiques du langage ou dysphasies en langue française. Qu’on ne s’y trompe pas, malgré des auteurs orthophonistes, logopèdes, logopédistes, ces troubles requièrent une approche multidisciplinaire tant au niveau clinique qu’au niveau de la recherche. Les données actuelles soulignent d’ailleurs que les difficultés de ces enfants sont également à rechercher en dehors du langage, dans des mécanismes cognitifs plus généraux. Ainsi, Lise Desmottes fera le point sur les difficultés d’apprentissage procédural en s’intéressant aussi bien à l’apprentissage initial qu’à la consolidation des apprentissages. Les cliniciens rapportent depuis longtemps des difficultés séquentielles chez des enfants dysphasiques, difficultés qui les empêchent de gérer des séquences d’éléments (par exemple les phonèmes), d’événements ou de gestes. Il a pourtant fallu attendre 2005 et la proposition théorique d’Ullman et Pierpont suggérant l’existence d’un déficit de la mémoire procédurale pour assister à un développement important de la recherche dans ce domaine et voir se confirmer, empiriquement, certaines observations cliniques.

Au-delà des difficultés séquentielles, un autre constat interpelle quasi quotidiennement les cliniciens : les difficultés qu’ont ces enfants à généraliser une connaissance ou à transférer un apprentissage en dehors de son contexte d’acquisition, voire en dehors du cabinet, de la classe où cela a été travaillé. Cette thématique sera par conséquent largement abordée dans ce numéro. Sandrine Leroy y présente une étude longitudinale ciblée sur la généralisation des acquisitions morphosyntaxiques. Elle démontre les difficultés de généralisation des enfants dysphasiques dans ce contexte et identifie néanmoins des conditions plus favorables à la généralisation. Anne Bragard et Jacinthe Dupré Savoy traitent à leur tour cette question en ciblant plus particulièrement le manque du mot chez l’enfant. Elles présentent un dispositif clinique astucieux : un canevas visuel aidant les enfants et les adolescents à s’auto-indicer.

Deux autres interrogations cliniques trouvent une place de choix dans ce dossier : l’impact du bilinguisme sur les troubles du langage et les conséquences des troubles du langage oral sur l’acquisition du langage écrit. Pour répondre à la première question, Gabrielle Veillette et Andrea A.N. MacLeod proposent une revue de la littérature ciblée sur les habiletés morphosyntaxiques qui les conduit à nuancer la vision souvent négative du rôle du bilinguisme dans les troubles du langage. Lucie Macchi, Séverine Casalis et Marie-Anne Schelstraete s’attaquent, quant à elles, à la deuxième question en proposant une étude fouillée des capacités de lecture à voix haute des enfants dysphasiques. Elles confirment la présence de profils retardés en langage écrit chez une majorité de ces enfants – bien qu’environ 10% d’entre eux ne présentent aucun retard d’apprentissage en langage écrit – et analysent qualitativement les profils rencontrés.

Enfin, après les nombreux voyages « aller » (clinique/recherche) illustrés ci-dessus, il semblait important d’offrir au lecteur quelques voyages « retour » (recherche/clinique) en proposant quelques réflexions plus méthodologiques, ancrées dans des pratiques basées sur les preuves (Evidence-based Practice), autour des activités cliniques importantes que sont l’évaluation et l’intervention. Ainsi, Anne-Lise Leclercq et Emilie Veys réalisent une analyse fine des tests standardisés utilisés lors du diagnostic de dysphasie et développent des recommandations concrètes concernant les outils d’évaluation dans ce domaine. De la même façon, avec mes collègues, Lise Desmottes, Gaïd Prigent et Sandrine Leroy, nous avons tenté d’analyser les « ingrédients actifs » pertinents, c’est-à-dire les principes sous-jacents aux rééducations langagières dont l’efficacité a été démontrée. Nous avons particulièrement ciblé deux mécanismes : la répétition et la variabilité pour leur importance dans les récentes théories langagières.

Christelle Maillart

Université de Liège, Belgiqu

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Sommaire du N° 131

La dysphasie chez l’enfant

Dossier coordonné par Christelle Maillart (Université de Liège)

Éditorial J. GRÉGOIRE

Introduction C. MAILLART

DOSSIER

Enjeux théoriques

Les difficultés d’apprentissage procédural chez les enfants dysphasiques L. DESMOTTES

Les difficultés de généralisation chez les enfants dysphasiques S. LEROY, C. PARISSE & C. MAILLART

La lecture à voix haute chez les enfants dysphasiques L. MACCHI, S. CASALIS & M.-A. SCHELSTRAETE

Évaluation

Réflexions sur le choix de tests standardisés lors du diagnostic de dysphasie

A.-L. LECLERCQ & E. VEYS

Les habiletés morphosyntaxiques chez les enfants unilingues et bilingues avec trouble primaire du langage : différent-elles ? G. VEILLETTE & A. A.N. MACLEOD

Prise en charge

Dysphasie et manque du mot : vers une prise en charge optimale A. BRAGARD & J. DUPRE SAVOY

Réflexions autour des principes de rééducation proposés aux enfants dysphasiques

C. MAILLART, L. DESMOTTES, G. PRIGENT & S. LEROY

VARIA

Étude de l’écriture chez l’enfant et adulte porteurs de trisomie 21 : bilan et perspectives de recherche R. TSAO, E. MOY & C. TARDIF

prochain n°:

N° 132/133 - les Troubles du Spectre de l’Autisme

Dossier coordonné par Christine Bonnier et Philippe Evrard

Sources ANAE 131

M.Bonnot

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Published by B Bonnot webmaster apbg Rennes
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commentaires

serrurier paris 24/11/2014 16:39

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.

Cordialement

trafic organique 12/11/2014 09:41

On en veut plus traité de cette manière. Sympa.